Julien Absalon a attendu 25 minutes avant de porter son attaque.
Après le BMX hier, c'est au tour des deux coureurs de cross country de réussir le doublé ce samedi: Julien
Absalon en or, Jean-Christophe Péraud en argent.
Les Français sont les rois du vélo. Version «cool». Au lendemain du doublé or-argent d'Anne-Caroline Chausson et de Laetitia Le Corguillé en BMX, c'est au tour de Julien Absalon et Jean-Christophe Péraud de les imiter au guidon de leur VTT.
Le premier nommé, quadruple champion du monde et tenant du titre olympique, confirme son outrageante domination sur le cross country mondial en remportant la médaille d'or. Et devient par la même occasion le quatrième Français à réussir le doublé olympique, après David Douillet, Marie-José Pérec et Tony Estanguet. «J'ai du mal à réaliser, à y croire» savourera Absalon après la course.
Pour le suspense, on repassera. Contrairement à Athènes, où il avait lâché ses poursuivants dès le début de la course, Absalon patiente un peu avant de se détacher. Histoire d'éviter de se cramer sous cette chaleur étouffante et d'être en surrégime dès le début de la course. Il attend deux tours de circuit pour porter son attaque. Qui sera fatale pour ses concurrents. La course a débuté depuis 25 minutes. Absalon ne sera plus rattrapé.
A ce moment, le seul intérêt de la course se situe à l'arrière. Qui sera son dauphin? Le suspense ne dure pas bien longtemps: un tour plus loin, Jean-Christophe Péraud lâche Sauser et Schurter, les deux Suisses qui l'accompagnent. Lui non plus ne sera pas rattrapé. Et continuera de mettre la pression sur Absalon. A ce sujet, ce dernier lâchera dans un sourire: «J'ai pas fait semblant quand j'étais devant». Quant aux deux Suisses, ils se tirent la bourre pour la médaille de bronze, qui revient finalement à Nino Schurter.
Julien Absalon, qui se posait des questions sur la suite de sa carrière avant la course, a maintenant un nouvel objectif: devenir le premier Français triple-champion olympique. «Il va falloir un peu de temps pour savourer, dira-t-il à ce sujet. Et oui, je penses que je serai à Londres. C'est tellement motivant les Jeux olympiques que quatre ans ça passe vite.» Et le Français d'éviter de faire comme Tony Estanguet, le canoéiste qui s'est planté dans sa quête pendant ces Jeux pékinois.